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Un homme sans culture et sans la connaissance de son passé historique est comme un arbre sans racine MARCUS GARVEY
HAILE SELASSIE
Tant que la philosophie, qui considère qu’une race est supérieure et une autre inférieure, ne sera pas finalement et en permanence discréditée et abandonnée. Tant qu’il y aura des citoyens de première et de seconde classe dans une Nation. Tant que la couleur de la peau d’un homme aura plus de signification, que celle de ses yeux. Tant que les droits de l’homme de base, ne seront pas garantis également pour chacun sans distinction de race. Tant que ce jour ne sera pas arrivé, le rêve d’une paix durable, d’une citoyenneté mondiale et le règne de la moralité internationale, ne resteront que des illusions fugitives, poursuivies mais jamais atteintes. Et tant que les régimes mal inspirés et ignobles qui détiennent nos frères Africains dans des chaînes inhumaines ne seront pas renversés et détruits. Tant que la bigoterie, les préjugés et les intérêts personnels, n'auront pas été remplacés par la compréhension la tolérance et la bonne volonté. Tant que tous les Africains ne seront pas debout et ne parleront pas en tant qu’êtres libres égaux aux yeux de tous les hommes comme ils le sont aux yeux du ciel. Tant que ce jour ne sera pas arrivé, l’humanité ne connaîtra pas la paix.
Nous les Africains nous nous battrons si c’est nécessaire et nous savons que nous vaincrons, car nous avons confiance en la victoire du bien sur le mal.
La base de la discrimination raciale et du colonialisme, a toujours été économique et c’est avec des armes économiques que nous devons surmonter tous ces maux et que nous en viendrons à bout. A la suite de résolutions adoptées à la conférence au sommet d’ADDIS ABEBA les Etats Africains ont pris plusieurs mesures économiques qui, si elles étaient adoptées par tous les états membres des nations unies, changeraient rapidement l’intransigeance en raison. Je demande aujourd’hui que chaque nation représentée soit véritablement dévouée aux principes énoncés dans la charte et adhère à ces mesures. Nous devons agir tant qu’il en est temps. Tant que se présente l’occasion d’exercer ces pressions légitimes de crainte que le temps ne s’épuise et nous pousse à recourir à des procédés moins heureux. En ces temps modernes les grandes nations de se monde, feraient bien de se rappeler que même leur propre sort n’est pas entièrement entre leurs mains. La paix réclame les efforts unis, de chacun de nous. Qui peut prédire quelle étincelle pourrait mettre le feu aux poudres ? Pour chacun d’entre nous l’enjeu est le même, la vie ou la mort, nous souhaitons tous vivre, nous cherchons tous, un monde où les hommes seraient libérés des fardeaux de l’ignorance, la pauvreté, la faim et de la maladie et si la catastrophe devait survenir, nous serions tous pressés d’échapper à une pluie nucléaire mortelle. Les problèmes auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui sont tous à part égal, sans précédent. Ils n’ont pas de contrepartie dans l’expérience humaine. Les hommes cherchent des précédents et des solutions dans les pages de l’histoire, mais il y en a aucun. Ceci est donc le défi suprême. Où allons nous chercher notre survie ? Où allons nous chercher les réponses aux questions qui n’ont jamais été posées ? Nous devons tout d’abord nous tourner vers le Dieu tout Puissant, qui a élevé l’homme au-dessus des animaux et l’a doté d’intelligence et de raison, nous devons avoir foi en lui, qu’il ne nous abandonne pas et ne nous permette pas de détruire l’humanité qu’il a créée à son image. Et nous devons regarder en nous même jusque dans les profondeurs de nos âmes. Nous devons devenir ce que nous n’avons jamais été, ce à quoi notre éducation, notre expérience et notre environnement, nous a très mal préparés. Nous devons être plus grands que ce que nous avons été, plus courageux, avoir l’esprit plus large, plus ouvert. Nous devons devenir une nouvelle race, dépasser nos préjugés insignifiants et nous soumettre à la fidélité ultime que nous devons non pas aux nations, mais à nos semblables les hommes au sein de la communauté humaine.
Haïlé Sélassié, Assemblée Générale de l’ONU, 04 Octobre 1963, New-York, USA.
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